Kevin Romy, joueur et capitaine du Genève Servette Hockey Club a été blessé à la clavicule en novembre 2016. Opéré par PD Dr Lädermann, chirurgien orthopédique à la Clinique La Colline, il est suivi au Centre de l’Epaule et au Centre de Médecine du Sport et de l’Exercice. Egérie de la campagne publicitaire de Hirslanden Clinique La Colline, Il nous raconte sa prise en charge médicale, depuis sa chute jusqu’à son retour sur la glace.

En quelques mots, que s’est-il passé lors du match où vous vous êtes blessé en novembre dernier?

Kevin Romy: C’était en coupe Suisse contre l’équipe de Davos. Je n’ai pas vu le joueur adverse arriver et j’ai pris une charge sur le côté. Je n’étais pas prêt encaisser, le choc a été assez musclé et c’est à ce moment-là que je me suis blessé.

Comment s’est passée la prise en charge médicale immédiate une fois sorti de la glace?

Kevin Romy: Vous voulez savoir ce qui se passe dans les coulisses (ndlr: rires). J’ai tout de suite senti qu’il y avait quelque chose au niveau de l ‘épaule. Je ne savais pas si c’était une fracture ou si mon épaule était déboitée, mais sans aucun doute c’était important.

Je me suis relevé tout seul pour regagner le banc. Puis je suis allé à l’infirmerie. Il y a toujours un groupe médical sur place lors des matchs en plus du médecin de l’équipe. Ce jour-là c’était Dr Jean-Luc Ziltener, médecin du sport. Il a effectué un premier diagnostic à l’infirmerie. J’ai compris alors que la clavicule en avait pris un bon coup!

Puis j’ai attendu l’ambulance qui m’a transféré au d’Centre d’urgences de la Colline. Le médecin de garde, spécialisé en médecine interne et urgentiste, m’a examiné et a immédiatement demandé des radiographies, que j’ai effectuées sur place. Une fois que nous avons eu une idée plus précise de la nature de la blessure, il a fallu décider d’opérer ou pas. Le PD Dr Lädermann, chirurgien orthopédique au Centre de l’Epaule a été contacté afin de donner un avis complémentaire et déterminer quelle était la meilleure option.

Au final ce sont 3 médecins spécialistes qui se sont concertés au sein de la Colline pour prendre la meilleure décision, tout en prenant en compte ma condition physique et mon besoin de retourner sur glace rapidement.

Avez-vous souvent été blessé ? Si oui, quelles ont été vos blessures?

Kevin Romy: Le hockey est un sport dans lequel les blessures sont fréquentes. Mais cela fait partie du sport! Je me suis blessé les 2 clavicules! Mais je n’ai pas eu besoin d’être opéré pour la 1ère. C’était il y a une dizaine d’année. Dans l’ensemble, j’ai plutôt été épargné, bien que cela fasse 17 ans que je sois joueur professionnel.

Moralement comment fait-on face à une blessure comme celle-ci?

Kevin Romy: C’est un gros coup pour le moral ce type de blessure, car on est conscient que cela implique une pause importante en pleine saison. On sait que physiquement il va y avoir un gros travail pour retrouver sa force physique actuelle. Bien que les blessures fassent partie de notre métier, c’est toujours une phase difficile.

En plus des douleurs, on garde en tête qu’il va falloir tout donner pour revenir à la compétition au même niveau. Cependant, au fur et à mesure de la rééducation, on reprend confiance en soi et c’est alors beaucoup le mental qui va prendre le dessus et permettre de récupérer plus vite.

Comment s’est passée la réathlétisation après votre blessure?

Kevin Romy: Tout d’abord après l’opération il faut du repos. Essentiel pour reprendre des forces, morales et physiques. Après 1 semaine, j’ai recommencé les séances de physiothérapie. Le retour au sport s’est fait assez rapidement et ce n’est pas parce que tu as une clavicule cassée que tu ne peux pas faire du vélo et maintenir une condition physique de base.

La rééducation est accélérée pour nous en tant que sportif de haut niveau, car nous sommes entourés d’une équipe médicale au quotidien, qui nous suit personnellement. Au bout de 4 semaines, j’ai commencé à ne plus ressentir de douleur et à 6 semaines j’avais retrouvé toute la mobilité de mon épaule. 3 mois plus tard j’étais de retour sur la glace, en pleine forme!

Comment se passe le suivi médical tout au long de la saison?

Kevin Romy: Nous avons la chance d’être bien entourés au GSHC. Nous sommes suivis par une équipe de 3 médecins du sport Prof Jacques Menetrey, Dr Gregory Ornon et Dr Jean-Luc Ziltener En début de saison nous effectuons un bilan médico-sportif qui vise à exclure les contre-indications médicales à la pratique du sport. Cela nous permet aussi de faire le point sur nos performances sportives.

Durant toute la saison, les médecins sont présents lors des entrainements, les soirs et lendemains de matchs à domicile. Pour les Play-off ils nous accompagnent aussi à l’extérieur. Nous devons constamment être au meilleur de notre forme physique et les médecins sont attentifs à notre condition. Ils sont aussi le relais avec les physiothérapeutes, très présents dans notre quotidien et plus particulièrement lorsque nous avons été blessés.

Comment se passe le maintien de votre forme physique?

Kevin Romy: J’entretiens ma condition physique de manière régulière et l’intensité varie en fonction des matchs. Cela vient en complément des entraînements sur la glace. C’est assez intense, mais cela me permet un entraînement optimal, associant technique de jeu et entrainement physique complet.

Avez-vous retrouvé 100% de votre mobilité ou vous sentez-vous encore fragile après une telle blessure?

Kevin Romy: Aujourd’hui j’ai retrouvé 100% de ma mobilité. L’opération s’est bien passée et la rééducation au top . On a toujours une petite appréhension, le premier mois quand on retourne sur la glace, et surtout quand on recommence à aller au contact. Mais c’est vite oublié! Une fois de plus le mental est très important.

De manière générale, avez-vous été bien pris en charge à la Colline (ndlr: rires)?

Kevin Romy: Oui super! Mais je dis ça car je sais que je suis enregistré (ndlr: rires). Non mais plus sérieusement, de l’opération jusqu’à mon retour au jeu, j’ai été très bien accompagné, par les médecins du CMSE, les physiothérapeutes mais aussi le personnel soignant à la clinique.

Cette année vous êtes capitaine! Est-ce une pression ou une motivation supplémentaire?

Kevin Romy: Ce n’est pas une pression supplémentaire. Le capitaine ne travaille pas tout seul de toute manière, le hockey est un sport collectif. C’est plutôt une responsabilité qui m’a été donnée par le club. Mais pas une pression en tout cas.

Avez-vous un conseil à donner aux lecteurs concernant comment aborder une blessure quand on est sportif?

Kevin Romy: Un bon mental est primordial pour récupérer de tout type de blessure. Mais je dirais qu’il faut bien communiquer avec les médecins, ne pas recommencer trop vite, être patient et bien prendre le temps de laisser la blessure guérir.

Les articulations comme les épaules ou les genoux sont très importants et une blessure mal soignée peut avoir des conséquences à plus long terme. Il faut bien respecter le protocole et le temps de récupération. C’est mon conseil numéro 1!